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Lachapelle sous Chanéac
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11 janvier 2013

Mémoire: Gagner Sa Vie

Comment faisaient nos anciens pour arriver à vivre avec leurs familles, qui étaient souvent nombreuses, sur leurs petites exploitations d’une quinzaine d’hectares ? Si les parents travaillaient dur pour un maigre revenu, les enfants étaient très tôt mis à contribution en donnant des coups de main à la ferme, mais aussi en se louant comme « vacher » ! Même si le salaire n’était pas gros, cela faisait une bouche en moins à nourrir. Quand les filles quittaient l’école souvent sans le certificat d’études (car ce n’était pas la priorité), certaines se louaient dans des fermes plus importantes.

D’autres partaient comme bonnes dans les maisons bourgeoises des alentours, ou en ville. Enfin, celles qui n’habitaient pas trop loin des industries, rentraient dans les moulinages, les tissages, les bijouteries, les usines d’impression ou de confection. Il faut savoir, que pratiquement toutes donnaient leurs payes à la maison, ce qui permettait d’élever les plus jeunes, en retour, la maman préparait le trousseau qui servirait quand viendrait le mariage.

Et les Garçons ? Comme les filles, s’ils pouvaient, ils rentraient à l’usine. Les autres, tout en aidant à la ferme, partaient pour faire les saisons, pour avoir un peu d’argent pour les parents et pour leurs frais personnels (l’achat et l’entretien d’un vélo, un peu d’habillement, le tabac et la tournée aux bistrots après la messe). Dès leurs seize ans, les jeunes garçons partaient pour les saisons très pénibles, mais assez bien rémunérées. Au printemps, ils s’en allaient en Isère pour les « carottes » et même dans le Nord pour « éclaircir » les betteraves sucrières : gare au mal de dos ! Ces jeunes hommes étaient nourris à la ferme. Par contre, dans le Nord la cuisine n’était pas nourrissante et les pauvres revenaient amaigris. La saison des cerises permettait aussi, de se faire un peu d’argent. Ils allaient dans la région d’Arlebosc.

Après la St Jean, les foins étaient finis dans la vallée, ceux qui le pouvaient, montaient en montagne en « sciailles » pour la fenaison dans les grosses fermes du plateau Les jeunes qui n’étaient pas retenus à l’avance, se rendaient le dimanche matin sur la place des Estables, à pied ! 

 Là, les fermiers venaient embaucher leur personnel pour la semaine. Le samedi soir, les deux parties pouvaient rompre le contrat. Mais certains abandonnaient le premier soir, car il fallait être un bon faucheur pour tenir sa place dans l’équipe d’une dizaine d’ouvriers. Le premier de l’équipe était nommé le « Cabassier ». Sous les ordres du patron, il pouvait accélérer la cadence et tout le monde devait suivre. Ils travaillaient (d’une étoile à l’autre) car quand la nuit tombait, les chars tirés par les bœufs arrivaient encore pour se faire charger. Les garçons étaient nourris et logés, mais ils dormaient dans le foin de la grange, avec la fatigue on dormait quand même. Pour la toilette, vite faite, on mettait la tête sous la fontaine et c’était parti !

 

Nous voici en septembre et ses vendanges. C’était un ancien qui formait son équipe dans le village et qui négociait avec les viticulteurs de la Drôme, du Vaucluse ou du midi. Les vignerons venaient chercher les vendangeurs sur place dans les camionnettes pas très confortables.

Bien que le travail soit pénible pour couper ou porter les « bennes », ce n’était pas comparable avec les autres saisons, les journées étaient plus courtes avec des horaires précis. Dans l’équipe, si une cuisinière n’avait pas été prévue, c’était un homme qui était désigné comme « cuistot » et personne ne se plaignait. Par contre, il fallait coucher sur des « bas-flancs » avec de la paille comme matelas. Le retour était plutôt joyeux avec un peu d’argent en poche et une petite réserve de vin. Venait le temps des noix durant lequel, les jeunes partaient en Isère pour gauler et ramasser les noix.

Il y avait aussi ceux qui se louaient directement pour tout l’été chez des maraichers du Vaucluse. Enfin l’hiver, chacun essayait de trouver quelque chose à faire, par exemple trouver une coupe de bois pour tomber les buttes à la « loube » ou au « passe partout » et à la hache.

Et voilà, comment avec l’apport plus ou moins grand de l’argent des saisons, nos anciens pouvaient vivre sur leurs petites fermes. Simone et Maurice BARRES, Henri FAURE, Paul CHAREYRE

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